Aller au contenu
Publicité · Contenu sponsorisé par Sapienter OÜ
A2MTRetraite, AVS et prévoyance en Suisse romande
AVS

Pourquoi un couple marié touche au maximum 150 % d'une rente

Rédaction A2MT · Publié le · 5 minutes de lecture

Le plafonnement réduit les deux rentes d'un couple marié dès que leur somme dépasse 150 % de la rente maximale. Comment il se calcule, ce que le splitting change et où en est le débat politique.

Un couple d'une septantaine d'années partage un thé sur un banc devant un chalet valaisan.
Image d'illustration. Les personnes représentées n'ont aucun lien avec les situations décrites.

Deux personnes qui ont chacune travaillé toute leur vie et cotisé au maximum ne touchent pas, une fois mariées et retraitées, deux rentes maximales. Elles touchent au mieux une fois et demie la rente maximale. Ce mécanisme s'appelle le plafonnement. Il étonne souvent les couples au moment où la deuxième rente arrive, parce que la première rente, déjà versée, est elle aussi recalculée et réduite.

Le plafonnement n'est pas une erreur de la caisse ni une sanction. Il fait partie d'un ensemble de règles propres au mariage dans l'AVS, dont certaines avantagent les couples. Voici comment il fonctionne, ce qui l'accompagne et où en est le débat politique.

La règle des 150 %

Selon le mémento 3.01 du Centre d'information AVS/AI, la somme des deux rentes individuelles d'un couple marié ne peut pas dépasser 150 % de la rente maximale. En 2026, avec une rente maximale de CHF 2’520, le plafond est de CHF 3’780 par mois pour deux rentes complètes. Avec la rente maximale de CHF 2’560 décidée pour 2027, il atteindra arithmétiquement CHF 3’840.

Si la somme des deux rentes dépasse ce plafond, les deux rentes sont réduites proportionnellement. Lorsqu'un des conjoints n'a pas une durée de cotisation complète, la rente maximale de référence et donc le plafond sont plus bas.

Un exemple officiel, pas à pas

Le mémento reprend le cas d'une femme née en 1962 et de son mari né en 1961, tous deux avec une durée de cotisation complète. Après partage des revenus, la table donne à l'épouse une rente non plafonnée de CHF 1’915 et à l'époux une rente de CHF 1’935. Ensemble, CHF 3’850, soit davantage que le plafond de CHF 3’780.

Exemple du mémento 3.01ÉpouseÉpoux
Rente selon la table, avant plafonnementCHF 1’915CHF 1’935
Rente après plafonnement (au prorata de 3’780 / 3’850)CHF 1’880CHF 1’900
Supplément génération transitoire (non plafonné)CHF 80–
Rentes versées dès le 1er octobre 2026CHF 1’960CHF 1’900

Chiffres repris du mémento 3.01 (état au 1er janvier 2026), à titre illustratif.

Dans cet exemple, le plafonnement coûte au couple CHF 70 par mois au total. L'écart peut être bien plus important lorsque les deux conjoints ont des revenus élevés et des rentes proches du maximum.

Le splitting, l'autre règle du mariage

Le plafonnement va de pair avec le partage des revenus, appelé splitting. Les revenus que les époux ont réalisés pendant les années civiles de mariage sont additionnés, puis attribués pour moitié à chacun. Les bonifications pour tâches éducatives des années de mariage sont, elles aussi, partagées par moitié.

Le partage est effectué lorsque les deux conjoints ont atteint l'âge de référence, en cas de divorce, ou encore lorsqu'une personne veuve atteint l'âge de référence. Tant qu'un seul conjoint touche sa rente, celle-ci est calculée sur ses propres revenus non partagés ; elle est recalculée quand le second conjoint arrive à la retraite. Pour un couple où l'un des deux a peu cotisé, le splitting améliore sensiblement la rente du conjoint aux revenus plus faibles. Le détail du calcul figure dans notre article sur le calcul de la rente.

Quand le plafonnement ne s'applique pas

  • Lorsque le ménage commun a été dissous par une décision judiciaire.
  • Lorsque l'un des conjoints touche une rente de vieillesse et que l'autre est invalide à moins de 50 %.
  • Lorsque l'un des conjoints perçoit une partie de sa rente de manière anticipée et que la somme des deux rentes reste ainsi sous le plafond.

Le supplément de rente des femmes de la génération transitoire échappe lui aussi au plafonnement, comme le montre l'exemple ci-dessus. Il est présenté dans l'article sur l'âge de référence des femmes.

Au décès du conjoint : le supplément de veuvage

Lorsqu'un des conjoints décède, le plafonnement n'a plus de raison d'être. La rente de la personne survivante est recalculée sans lui, puis augmentée d'un supplément de veuvage de 20 %, jusqu'à concurrence de la rente maximale. Si la personne remplit en même temps les conditions d'une rente de survivant, c'est la prestation la plus élevée qui est versée.

Ces avantages font partie de l'argument souvent avancé pour défendre le système actuel : le mariage entraîne une réduction de rente tant que les deux conjoints vivent, mais aussi une meilleure protection en cas de veuvage.

Le débat politique, sans changement pour l'instant

Le Centre a déposé le 27 mars 2024 une initiative populaire intitulée « Oui à des rentes AVS équitables pour les couples mariés – Pour enfin en finir avec la discrimination du mariage ! », qui veut supprimer le plafonnement. Le Conseil fédéral recommande de la rejeter sans contre-projet ; selon l'OFAS, elle coûterait environ 3,6 milliards de francs à l'AVS en 2030.

Le Conseil national a voulu transformer la réforme des rentes de survivants en contre-projet indirect, en supprimant le plafonnement pour les nouvelles rentes. Le 21 octobre 2026, la commission de la sécurité sociale du Conseil des États indiquait ne pas s'être encore prononcée sur ces éléments. Aucune date de votation n'est fixée. D'ici là, la règle des 150 % reste pleinement applicable. À ne pas confondre : l'objet « Imposition des couples mariés », soumis au vote le 29 novembre 2026, concerne l'impôt et non les rentes AVS.

Pour qui le sujet compte

Le plafonnement touche avant tout les couples mariés dont les deux conjoints ont des rentes moyennes à élevées. Il compte aussi pour les couples qui envisagent une anticipation ou un ajournement, puisque ces choix peuvent modifier le moment et le montant du plafonnement. Les couples dont un conjoint touche des prestations complémentaires ont intérêt à vérifier l'effet global sur le budget du ménage.

à vérifier dans votre décision
  • La rente avant plafonnement et après plafonnement, qui figurent sur la décision de la caisse.
  • Le recalcul de la première rente au moment où la seconde commence.
  • L'effet d'une éventuelle anticipation partielle sur le plafond.

En résumé

Deux rentes de couple marié ne peuvent pas dépasser 150 % de la rente maximale, soit CHF 3’780 par mois en 2026. En contrepartie, les revenus sont partagés pendant le mariage et un supplément de veuvage de 20 % s'applique au décès d'un conjoint. Le débat sur la suppression du plafonnement est ouvert au Parlement, mais rien ne change pour les rentes versées aujourd'hui. Pour un calcul personnel, la caisse de compensation est l'interlocutrice compétente.

Sources officielles

Information privée et sponsorisée de Sapienter OÜ, publiée sur a2mt.org. Elle n'émane ni de la Confédération, ni de l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS), ni d'une caisse de compensation AVS, et n'a aucun lien avec ces institutions. Elle ne constitue pas un conseil personnalisé en matière de rentes, d'impôts ou de droit. Les montants et exemples sont illustratifs et ne promettent aucune prestation personnelle ; ils ont été vérifiés le d'après les sources officielles citées et peuvent changer. Ce site ne traite aucune demande et ne perçoit aucun frais. Ne communiquez jamais votre numéro AVS, votre IBAN ou vos données de connexion à un site internet à la suite d'un article. Pour votre propre situation, la caisse de compensation compétente fait foi ; les adresses figurent sur le site du Centre d'information AVS/AI.

La lettre du mardi
Chaque mardi, ce qui change pour votre retraite.

AVS, caisse de pension, pilier 3a, impôts et prestations complémentaires : les nouveautés de la semaine et une règle expliquée avec sa source officielle. Gratuit, désinscription en un clic.

Vous recevrez d'abord un e-mail pour confirmer votre adresse.